RÉDIGÉ PARGrégoire Gaffié
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          De nouvelles initiatives pour clarifier et mieux comprendre la présence de cookies tiers sur les sites médias

          De plus en plus d’éditeurs ont la volonté de faire le ménage parmi les cookies présents sur leurs sites. Pour les éditeurs de contenus, surveiller les cookies qui sont déposés sur leurs sites à des fins publicitaires demande de nombreux efforts. L’arrivé du RGPD en mai dernier a ajouté une pression supplémentaire aux éditeurs, les contraignant à payer des amendes si un tiers qui avait déposé un cookie sur le site, utilisait ses données à d’autres fins que celles prévues initialement.

           

          Bien que de nombreux éditeurs ont limité le nombre de leurs partenaires publicitaires ces dernières années, il reste un grand nombre d’acteurs tiers qui opèrent via les différents SSPs avec lesquels l’éditeur a directement contracté.

           

          Des regroupements d’éditeurs anglais comme « The Association of Online Publishers » et « The Media Trust » ont travaillé sur des moyens de donner à l’éditeur la visibilité gratuitement sur l’ensemble des cookies qui sont déposés sur leurs sites. L’idée de cette initiative est que les éditeurs puissent voir chacun des cookies déposés sur leurs sites et par quels fournisseurs ils le sont. Il s’agira d’un grand registre auquel l’éditeur pourra avoir accès en se connectant via un identifiant.

           

          De gros éditeurs comme News UK ou The Guardian prévoient d’utiliser ce registre. Selon Richard Reeves directeur général de l’association, les éditeurs de presse sont généralement ceux qui sautent le pas le plus rapidement. Media Trust analysera les pages des sites membres afin de déterminer quels fournisseurs tiers déposent des cookies et à quelles fins. Une fois que la liste des cookies déposés et des fournisseurs qui les posent sera complète, ils pourront demander explicitement aux fournisseurs tiers de classer et de définir les cookies qu’ils déposent et à quelles fins.

           

          « C’est un outil très utile et un grand pas en avant » a déclaré Dan Powell-Rees directeur des opérations du Guardian. « De nombreux éditeurs se doivent de rassembler leurs données de navigation pour les conserver et garder l’utilisation de ces informations en interne. Cela permettra d’identifier plus rapidement les problèmes engendrés par la présence de cookies tiers »

           

          « Auparavant il n’existait pas de moyen de vérifier comment les agences ou les technologies tierces utilisaient les données des éditeurs pour élaborer des stratégies marketing et de ciblage » a déclaré un dirigeant d’un gros éditeur.

           

          « En catégorisant mieux les cookies via un acteur indépendant nous pourrons désormais connaitre les objectifs et mieux comprendre la valeur ajoutée de la présence d’un cookie tiers sur le site. Cela va aussi mettre en avant le contenu premium auxquels la data récoltée et conservée en interne va donner encore plus de valeur. C’est aussi un moyen de déceler qui sont les mauvais acteurs de l’écosystème »

           

          Le nouveau protocole de l'AOP a également pour objectif d’aider les éditeurs à mieux surveiller les différents pixels qui sont posés sur leurs sites et permettent à des acteurs tiers de récupérer des profils qu’ils revendent ensuite sans le déclarer à l’éditeur. Avec le RGPD la pose de ces pixels doit obligatoirement être déclarée à l’éditeur, en plus des raisons et des objectifs pour lesquels ces derniers sont diffusés.

           

          Avec cette meilleure compréhension de la valeur commerciale de ces pixels et des cookies, les éditeurs peuvent commencer à réfléchir à de nouveaux business orientés data qui leur permettraient de reprendre le contrôle sur la monétisation de leurs propres données de navigation.

           

          Avoir une base de données de cookies claire et mieux maîtriser ce qui est posé sur les sites va aussi aider les éditeurs à se préparer à l’arrivée à la règlementation e-privacy l’année prochaine. Celle-ci est en effet plus concentrée sur le secteur des médias et de la publicité que le RGPD qui traite en réalité d’un sujet beaucoup plus vaste.

           

          « La confidentialité électronique est bien plus spécifique à notre industrie que le RGPD » a déclaré Matt O’Neill directeur général de The Media Trust. « Le RGPD était une répétition générale avant e-privacy pour notre secteur en matière de confidentialité électronique… »

             

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 

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