RÉDIGÉ PARDylan Rousseau
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          La fraude publicitaire : Un phénomène lucratif en vogue

          La fraude est partout, et même dans le milieu de la publicité en ligne.

          Il suffit de regarder quelques chiffres illustrant cela pour se rendre compte de l’énorme place qu’elle prend dans le monde de l’Adtech.

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          Des chiffres et des pratiques alarmantes

          D’après la WFA (organisation qui représente les marketeurs), 30% des investissements publicitaires concernent la fraude. Ce chiffre représente 150 milliards de dollars par an. Une somme colossale, et qui ne va pas en décroissance. D’après la même source, 40% des marketeurs français ne font pas confiance à leur partenaire Adtech.

          Les fraudeurs, dans la plupart des cas, conçoivent de faux sites, achètent de faux trafics pour faire croire que leurs sites sont visités par de nombreux utilisateurs, et constituent donc un espace privilégié pour les annonceurs afin de rendre leurs produits visibles auprès de leurs cibles. Et enfin, lorsqu’ils sont parvenus à convaincre des entreprises, ils vendent de fausse publicités qui ne seront jamais vues par des personnes réelles, mais plutôt par des robots qui simulent des clics pour faire croire que les annonces passées sur ses sites ont été perçues par des humains.

          On se souvient de la découverte d’une “ferme a clics” en Thaïlande il y a deux ans : pas moins de 474 téléphones et 347.200 cartes SIM étaient installés, controlés par une dizaine d'ordinateurs. Le but étant de gonfler les stats, les clics, et les vues de posts et sites.

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          images                                                                         La ferme à clics, en Thaïlande

          Parmi les fraudes les plus courantes, on peut compter :

          • Le mobile device hijacking :

          Ce procédé consiste a installer une application, pourtant validées dans les appstores, et souvent relié à un utilitaire : réveil, lampe… Elles s’exécutent en tâche de fond, et réalisent des affichages et des clics, même si l’application est fermée ou n’a jamais été ouverte.

          • Le malware :

          Similaire à un virus, il donne l’accès complet au fraudeur sur l’activité en ligne de l’internaute. Il peut analyser son comportement, et reproduire ainsi un comportement “humain” destiné à tromper les outils anti-fraudes. Le malware peut aussi infecter le navigateur internet : en prenant son contrôle, le fraudeur transforme l’ordinateur en “zombie” afin de générer du trafic pour son compte.

          Qu’en est-il de la détection des fraudes ?

          Malheureusement, pour toutes les raisons et au vu de la multiplicité d’outils de fraudes citées en haut, les pratiques sont très difficile à repérer par les instances de détection des fraudes. Ceux-ci présentent d’énormes trous de sécurité. De plus, le filtrage avant enchère et l’achat de publicité en programmatique ne réduisent pas la fraude publicitaire.

          D’apres le Dr. Augustine FOU, célèbre conseiller en stratégie et célèbre dans l’anti-fraude, a annoncé qu’en investissant 183 ;000 dollars dans une campagne de fraude publicitaire, les personnes malveillantes peuvent récolter jusqu’à 4,6 millions de dollars. Soit un retour sur investissement pouvant atteindre jusqu’à +4500%. Un chiffre ahurissant. Le préjudice de fraude publicitaire, dans sa généralité, atteint plusieurs milliards de dollars par an.

          Le cas 3ve : un démantèlement difficile par le FBI

          3ve, c’est un groupe de huit pirates originaires de Russie et du Kazakhstan, qui sont accusés d’avoir crée l’un des plus grands systèmes de détournement publicitaire de ces dernières années. Ils utilisaient des techniques variées et originales, notamment la falsification des tables de routages, l’utilisation de botnet et autres techniques afin d’arriver à leurs fin.

          Les résultats sont alarmants : c'est au moins 38 millions d’euros que 3ve à réussi a soutirer à coups de faux clics, de virus, de multiplication de fausses infrastructures etc…

          C’est avec l’aide de Google, WhiteOps (entreprise de cyber-sécurité qui lutte dans la protection de la publicité digitale, et qui protège les éditeurs des fraudes publicitaires) et d’une dizaine d’autres acteurs du numérique que le FBI a réussi à arrêter la gigantesque fraude.

          Un livre blanc a été créé par Google afin d’y voir plus clair quand aux fraudes. Ce document est disponible ici.

          Toute l’infrastructure est désormais hors d’état de nuire. Avec l’aide des partenaires techniques, les forces de l’ordre ont désactivés les éléments névralgiques de cette machinerie.

          Au final, la fraude publicitaire ne remplit pas les devoirs d'une bonne publicité, avec un leitmotiv simple : diffuser le bon message, à la bonne personne et au bon endroit.

           

          Topics: Adtech Prime

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